
L'événement avait plusieurs objectifs principaux :
Encourager les collaborations : L'événement visait à renforcer les liens entre les écosystèmes technologiques internationaux et la #TechIvoire, en encourageant les collaborations et les échanges d'idées.
Créer des opportunités avec la diaspora : Créer des opportunités pour la diaspora présente, en célébrant la technologie et en facilitant les connexions entre les professionnels de la tech ivoirienne et ceux basés à Paris.
Promouvoir l'inclusion des femmes : Soutenir une plus grande inclusion des femmes dans la création et la diffusion des technologies numériques, en mettant en avant les compétences et les talents des femmes dans le domaine technologique de la Côte d'Ivoire en lien avec la mission de notre réseau.
Renforcer l'écosystème technologique ivoirien : Promouvoir le dynamisme du secteur technologique ivoirien et à renouveler le soutien à l'innovation et à l'entrepreneuriat en Côte d'Ivoire.
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I. Le bilan global de l'événement
Cet événement a démontré le dynamisme et le potentiel disruptif de l'écosystème technologique ivoirien, créant des opportunités pour renforcer les collaborations et créer des synergies internationales. L'ensemble des panélistes ont souligné la stabilité politique et la croissance économique de la Côte d'Ivoire, ainsi que l'intérêt grandissant des Africains de la diaspora pour le marché ivoirien. Les discussions animées par Kadidia Niangado ont mis en avant les infrastructures nécessaires pour l'émergence des startups et l'importance de fédérer les efforts gouvernementaux pour maximiser l'impact. Régis Bamba a partagé les succès et enjeux de Djamo en matière d'inclusion financière, tandis que Leslie Ossete a abordé les enjeux du secteur informel en Afrique francophone, un domaine crucial pour M-Studio. Les participants ont également discuté de la nécessité de maintenir un équilibre entre profitabilité et innovation constante, ainsi que de la crédibilité des startups ivoiriennes à l'international, avec des initiatives comme l'envoi de startups à VivaTech. Le panel a aussi traité de la représentation des femmes dans le secteur tech, en mettant en lumière les défis spécifiques liés aux fonctions techniques.
🎥 Retrouvez bientôt (début août) l’enregistrement de l’événement sur la chaîne Youtube de notre talk-show.
II. Focus sur les différentes interventions du panel

Florence FADIKA, Conseillère Technique au Ministère de la Transition Numérique et de la Digitalisation

Florence a souligné que la Côte d'Ivoire est particulièrement attractive grâce à sa stabilité politique, sa croissance économique et sa position stratégique dans la sous-région. La stabilité monétaire, offre un avantage supplémentaire par rapport à d'autres pays africains anglophones confrontés à des défis monétaires. Florence a également mentionné l'importance des infrastructures de base, comme l'accès continu à l'électricité, qui sont des facteurs cruciaux pour le développement technologique.
L'écosystème technologique ivoirien est dynamique, mais l'État, bien que de plus en plus actif, doit encore faire des efforts. Florence a souligné la nécessité d'un cadre réglementaire clair. L'État a récemment établi le Start Up Act. Cette réglementation permet de quantifier et d'analyser l'écosystème, facilitant ainsi des mesures concrètes et des indicateurs de performance.
Cependant, elle a noté l'absence d'une entité gouvernementale centralisée dédiée à l'innovation, ce qui entraîne une dispersion des initiatives entre différents ministères. Malgré cela, les ambitions de l'État sont claires, avec un plan national de développement visant à utiliser la technologie et la digitalisation comme leviers pour augmenter le PIB.
Florence a également évoqué l'importance de la collaboration entre l'État, les entreprises, les partenaires techniques et financiers, et les autres acteurs de l'écosystème. Elle a encouragé la formation de groupes et d'associations pour renforcer la voix collective et faciliter les négociations avec le gouvernement. Dans ce contexte, le CI20 joue un rôle clé en conseillant le ministère et en servant de modèle pour d'autres groupements.
Enfin, Florence a souligné l'importance de promouvoir l'écosystème ivoirien à l'international et d'attirer des écosystèmes étrangers en Côte d'Ivoire. Elle a mentionné des projets d'événements nationaux et potentiellement le premier Vivatech africain en Côte d'Ivoire. Elle a conclu en mettant en avant l'importance des initiatives comme Abidjanaises In Tech pour encourager les femmes dans le domaine des STEM et les inspirer en tant que modèles.
Régis Bamba, Co-fondateur de DJAMO

Régis Bamba aborde plusieurs aspects clés concernant l'écosystème des start-ups en Côte d'Ivoire. Tout d'abord, il souligne l'importance du marché et des solutions évolutives qui peuvent y être déployées, en s'interrogeant sur l'existence et la construction progressive de ce marché. Il note que la baisse des coûts de connectivité et la pénétration accrue des smartphones, en particulier chinois, ont créé de nouvelles opportunités pour les start-ups ivoiriennes. Ces facteurs, associés à une stabilité relative du pays, encouragent les retours de la diaspora, apportant une expertise extérieure précieuse qui enrichit les ressources humaines locales.
Il évoque également les premières levées de fonds significatives, telles que celles de Cinet Pay et Anka, qui ont brisé un plafond de verre et démontré que des montants considérables pouvaient être levés par des start-ups technologiques en Côte d'Ivoire.
Régis Bamba parle de son expérience personnelle avec DJAMO, une plateforme qu'il a cofondée et qui s'est spécialisée dans les paiements en Côte d'Ivoire. Il décrit les défis initiaux rencontrés, tels que la compréhension des besoins locaux et la mise en place d'un réseau de partenaires fiables. Grâce à une approche centrée sur l'innovation et la flexibilité, Djamo a réussi à répondre efficacement aux exigences du marché ivoirien, en offrant des services adaptés aux besoins des entreprises et des particuliers.
Régis insiste sur le besoin de partenariats stratégiques entre les start-ups et les banques pour atteindre une plus grande partie de la population non bancarisée, notamment les jeunes, en développant des produits bancaires innovants adaptés à leurs besoins. Il cite également l'exemple de Cinet Pay, qui a développé des solutions de paiement mobile innovantes pour faciliter les transactions financières pour les populations sous-bancarisées.
Il souligne également l'importance de construire des entreprises sur des bases économiques solides, en mettant l'accent sur la création de valeur durable à long terme plutôt que sur des gonflements artificiels des chiffres. Enfin, il appelle le gouvernement ivoirien à investir massivement dans les projets technologiques et entrepreneuriaux par le biais de subventions, afin de stimuler l'écosystème des start-ups et de permettre aux jeunes entreprises de croître sans être étouffées par des prêts à intérêts élevés.
La recherche de talents est un autre aspect crucial évoqué par Bamba. Il souligne que la diaspora ivoirienne joue un rôle clé en apportant des compétences et des connaissances acquises à l'étranger. Cependant, il insiste également sur la nécessité de développer les talents locaux par le biais de programmes de formation et d'incubateurs. Il mentionne des initiatives comme M-Studio qui se concentrent sur l'encadrement et le développement des jeunes talents locaux, offrant des formations adaptées et facilitant l'accès aux opportunités de financement.
Régis Bamba met un accent particulier sur l'inclusion des femmes dans l'écosystème des start-ups. Il affirme que pour que l'écosystème prospère pleinement, il est essentiel de promouvoir la participation des femmes et de s'assurer qu'elles ont les mêmes opportunités que leurs homologues masculins. Régis Bamba insiste sur l'importance du leadership et de la volonté d'atteindre une véritable égalité des sexes dans les entreprises. Chez Djamo, par exemple, l'équipe est composée de 56% de femmes, avec 40 à 45% dans les postes techniques. Il souligne que pour parvenir à une telle représentation, il est essentiel d'intégrer l'égalité des sexes dans l'ADN de l'entreprise, en éduquant constamment le personnel sur les droits des femmes et en sensibilisant également les hommes. Bamba met en avant que cette éducation continue aide à créer un environnement où les femmes se sentent valorisées et peuvent atteindre leur plein potentiel. De plus, il mentionne la pratique de Djamo d'ajuster les offres salariales pour éviter les écarts de rémunération entre les sexes, en utilisant une formule mathématique pour garantir l'équité salariale et en fournissant des informations transparentes sur les salaires pour assurer une rémunération juste.
Bamba mentionne également l'importance des collaborations internationales et des partenariats pour le développement des start-ups. Un exemple concret est la collaboration entre Anka et des plateformes internationales, qui a permis à Anka d'étendre ses services de commerce électronique à un public mondial, démontrant ainsi l'impact des partenariats stratégiques sur la croissance des start-ups locales.
En somme, l'intervention de Régis Bamba est un plaidoyer pour la création d'un écosystème dynamique et durable pour les start-ups en Côte d'Ivoire, en s'appuyant sur des ressources humaines qualifiées, des partenariats stratégiques, et un soutien financier adéquat.
Leslie Ossete, Co-fondatrice et COO M-Studio

Dans son intervention, Leslie Ossete a souligné les défis et les opportunités du développement des startups en Afrique francophone, avec un accent particulier sur la Côte d'Ivoire. Elle a noté que l'écosystème ivoirien est encore émergent et manque de start-ups à succès comparables à celles observées dans d'autres pays africains comme le Nigéria et le Kenya. Selon elle, pour que l'écosystème ivoirien se développe, il est crucial que tous les acteurs, y compris l'État, les entreprises multinationales et le secteur privé, collaborent davantage. Elle a mis en avant l'exemple de Wave Mobile Money, une licorne de l'Afrique de l'Ouest francophone, qui a attiré l'attention des investisseurs sur cette région.
Leslie a également évoqué l'importance du secteur informel en Afrique francophone, qui constitue 80% de l'économie et emploie 90% de la population. Elle a expliqué que les start-ups doivent se concentrer sur ce secteur en offrant des solutions digitales pour améliorer la gestion des entreprises informelles, optimiser les chaînes de distribution et faciliter l'accès au financement.
Elle a présenté la stratégie de M-Studio, une initiative privée qui investit dans des startups pour soutenir le secteur informel. Leur approche inclut la création de startups en s'inspirant de modèles éprouvés dans d'autres pays émergents, ce qui permet de réduire les risques et d’accélérer le développement. M-Studio s'attache aussi à recruter des talents locaux et internationaux pour ses startups et à combler le déficit de compétences techniques dans la région en se tournant vers la diaspora et les bootcamps locaux.
Concernant la régulation, Ossete a critiqué le manque de règles claires et lents changements dans les régulations, notamment dans le domaine de la fintech, qui freinent l'innovation. Elle a suggéré que des améliorations dans la fiscalité et l'aide à la transition pour les entrepreneurs pourraient encourager davantage de start-ups.
Enfin, elle a abordé la question de l'accompagnement et du soutien aux start-ups, soulignant l'importance de ne pas être un solo-preneur et d'envisager des accélérateurs comme M-Studio. Elle a aussi mentionné le besoin d'encourager les femmes dans les métiers technologiques, en mettant en place des quotas dans les formations et en sensibilisant les jeunes filles aux opportunités dans ce secteur.
III. Les conversations et Keynote
Conversation sur l'Intelligence Artificielle et sur la E-Santé
Lors de la première conversation entre Charlette N’Guessan, AI Expert, de la start-up AMINI et Iden Lida, AI Marketing Manager à Thalès sur les enjeux de l'Intelligence Artificielle (IA) en Afrique, nous avons exploré les spécificités du continent et les opportunités offertes par l'IA pour maximiser son impact. Charlette N'Guessan, a présenté comment l'utilisation des images satellites et de l'IA permet de collecter et analyser des données environnementales. Cela offre des outils précieux aux exploitants agricoles pour améliorer leur productivité et aux grandes entreprises intéressées par des investissements en Afrique.
En parallèle, nous avons discuté des enjeux de la Health Tech, avec un focus sur le projet Clikodoc Afrique fondé par Marie-Laure Moukoko. Cette plateforme permet la réservation de rendez-vous médicaux en ligne, visant à faciliter l'accès aux soins et améliorer l'efficacité du secteur de la santé sur le continent. Nous avons abordé les origines et l'inspiration derrière la création de Clikodoc, la manière dont la transformation digitale, impulsée par des applications comme Clikodoc, modifie la délivrance des services de santé en Côte d'Ivoire, ainsi que les efforts nécessaires pour éduquer et encourager les professionnels de santé et les patients à adopter ces nouvelles technologies. Pour en savoir plus sur les problématiques, les enjeux et les opportunités liées aux innovations dans la santé, consultez le bilan de notre afterwork sur la santé en cliquant ici.
Les Keynote des start-ups de la délégation "Ma Côte d'Ivoire à Vivatech"
Un des objectifs de l'événément étant de mettre en avant l'écosystème des start-ups en Côte d'Ivoire, nous avons invité quelques start-ups de la délégation des 20 start-ups ivoiriennes sélectionnées par le Ministère de la Transition Numérique et de la Digitalisation pour VIVATECH à pitcher leurs projets :
DJOLI, représenté par Stan BLEGBO (COO de Djoli) est une solution digitale qui permet aux hôtels et restaurants d'Afrique Francophone de commander des produits de qualité aux meilleurs prix et de les recevoir sous 24h. Grâce à Djoli, le secteur de la restauration pourra automatiser et suivre son approvisionnement tout en ayant une meilleure visibilité sur ses marges.
INVESTIV, représenté par Aboubakar Karim (CEO et Co-fondateur de Investiv) est née de la volonté de bâtir le futur de l’agriculture Africaine. Pour se faire, nous proposons un modèle d'acquisition de données agricoles et de gestion d’exploitation agricole en phase avec la révolution technologique et nous nous positionnons en tant que pionnier dans le domaine des services agricoles par drones en Afrique.
Les interventions de nos partenaires
Les interventions de nos partenaires ont permis de découvrir les structures qu'ils représentent et d'explorer leurs contributions uniques à nos thématiques.
Grégoire de Padirac, CEO de Digital Africa : Lancée en 2018, l’initiative Digital Africa a pour mission de renforcer la capacité des entrepreneurs numériques africains à concevoir et déployer à grande échelle des innovations de rupture au service de l’économie réelle.
Yann-Gabriel N'Zi, Conseiller Technique du VITIB S.A. : Considéré comme la Silicon Valley africaine, le Village des Technologies de l’Information et de la Biotechnologie (VITIB) est une zone franche qui s’étend sur une superficie de 242 hectares et comporte 3 zones, production, administration et résidentielle.
Sophia El Hajaj Gnassounou, Chef de Projet HEC Paris et Birahim Diop, Parrain HEC Challenge + Dakar : Le programme HEC Challenge + aide les créateurs de projets innovants à fort potentiel de croissance à élaborer leur business plan et les accompagne dans leur développement. Sa formule pédagogique associe formation, conseil et suivi personnalisé. Suivez cette formation unique de part la diversité de son réseau, l’étendue et la qualité de ses experts à Abidjan ou à Dakar sur le continent.
Tidiane Coulibaly, Conseiller Technique du Ministère de la Transition Numérique et de la Digitalisation de Côte d'Ivoire
Annonce du lancement de Togolaises In Science

Nous avons eu le plaisir d'inviter Natasha Dimban, CTO et membre de L'observatoire de la Fintech pour annoncer le lancement de Togolaises in Science, leadé par Djamila Kerim et elle-même. Ce nouveau chapitre de notre réseau est un pas crucial dans notre vision de bâtir un réseau panafricain. Notre objectif est de créer un vivier panafricain d'expertes en technologie et de renforcer l'impact des femmes dans l'industrie du numérique en Afrique francophone. Togolaises in Science naît donc de cette volonté de promouvoir et de renforcer la participation des femmes togolaises dans le domaine des STEM. Avec ce nouveau lancement, notre mission sera de créer une plateforme de référence qui regroupe toutes les femmes togolaises, tant au Togo évoluant dans les STEM.
IV. Remerciements
Nous tenons à exprimer notre profonde gratitude à tous ceux qui ont contribué au succès de notre événement. Nous sommes profondément reconnaissants envers la délégation du gouvernement de Côte d’Ivoire et aux start-ups ivoiriennes qui ont partagé leur vision et leur passion. Un grand merci également à nos speakers inspirants :
- Tidiane Coulibaly ( Ministère de la Transition Numérique et de la Digitalisation)
- Grégoire de Padirac (Digital Africa)
- Régis Bamba (Djamo)
- Leslie Ossete (Mstudio)
- Florence TAHIRI epse FADIKA (MTND )
- Charlette N'Guessan (BACE group)
- Birahim Diop (Parrain HEC Challenge + Dakar)
- Marie-Laure Moukoko (clikOdoc)
- Yann-Gabriel N'Zi (VITIB S.A.)
Et nos modératrices :
- Kadidia Niangado Niangado (Ex-Paystack)
- Leslie Muya (Elle Aime Média)
Merci à nos soutiens institutionnels : le Ministère de la Transition Numérique et de la Digitalisation , Ministère de la Promotion de la Jeunesse, de l’Insertion Professionnelle et du Service Civique , Ambassade de Côte d'Ivoire en France , Ministère de l'Europe et des Affaires étrangères et l'Ambassade de France en Côte d'Ivoire.
Et un grand merci à nos partenaires : HEC Paris - Innovation & Entrepreneurship Institute, Digital Africa, l’ OIITID (Dr. Mafini Dosso), Adicom Days - Africa Digital Communication et Boucan Media
Production audiovisuelle et Montage : TOTEM EXPERIENCE
Crédits photos 1 : MINILLUX PHOTOGRAPHIE
Crédits photos 2 : Yannick Folly
Lieu : STATION F, Paris
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